Au bon usage de la discipline

« Supportez la correction : c’est comme des fils que Dieu vous traite. Quel est le fils qu’un père ne corrige pas ? Mais si vous êtes dispensés de la correction à laquelle tous ont part, c’est donc que vous êtes des enfants illégitimes et non des fils. D’ailleurs,puisque nos pères terrestres nous ont corrigés et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas d’autant plus nous soumettre à notre Père céleste pour avoir la vie ? Nos pères nous corrigeaient pour un peu de temps, comme ils le trouvaient bon, tandis que Dieu le fait pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté. Certes, au premier abord, toute correction semble un sujet de tristesse, et non de joie, mais elle produit plus tard chez ceux qu’elle a ainsi exercés un fruit porteur de paix : la justice » (Hébreux 12.7-11, Segond 21).

Voici un texte qui n’est pas dans « l’air du temps ». Mais c’est un sujet fondamental, et finalement, pleinement dans l’actualité. Il y a quelques semaines, lors de la matinée de réflexion à Évry, Luc OLEKHNOVITCH a abordé avec nous la question de l’autoritéparentale, reprenant d’ailleurs en partie le même passage, Éphésiens 6.1-4 que notre réflexion d’En Alliance du mois de janvier, pour « éduquer sans irriter (ou exaspérer) nos enfants ».

Entre autres sujets, nous avons abordé la question de l’adoption de la proposition de loi contre les violences éducatives ordinaires. Nous n’entrerons pas dans le débat de ce texte de loi ici, mais je propose plutôt quelques pistes de réflexion pour une réponse – et surtout un comportement éducatif – réellement chrétien de notre part.


Dans le passage d’Hébreux 12, nous trouvons résumés les principes éducatifs de Dieu lui-même à notre égard, en tant que ses enfants. Si on connaît la Parole de Dieu, on ne peut pas accuser Dieu de manquer d’amour, ni de bienveillance. Ce passage en Hébreux souligne d’ailleurs qu’il y a des moments où des « corrections », y compris une discipline qui peut être dure à supporter, sont plutôt des preuves de l’amour de Dieu, des preuves que nous sommes réellement ses enfants ! Et l’auteur de l’épître fait le parallèle avec l’éducation donnée par nos pères, « pour notre bien », là aussi. (N’entrons pas non plus ici dans les questions des abus ou des excès dans la discipline).

Tenant compte qu’une véritable discipline, dans l’amour, est la preuve de l’amour, considérons les cinq points d’un pamphlet (distribué par le département de police de la ville de Houston, au Texas, il y a un certain nombre d’années) qui avait pour titre « Comment ruiner vos enfants » (Traduit de MacArthur, J. F., Jr. (1981). The Fulfilled Family. Chicago : Moody Press) :

1. Commencer par le fait de donner à votre enfant, dès sa naissance, tout ce qu’il veut.
2. Lorsqu’il répète les gros mots qu’il a entendu, riez.
3. Ne jamais donner à votre enfant une formation spirituelle. Attendez qu’il ait 21 ans, pour le laisser choisir lui-même sa voie.
4. Évitez l’utilisation des mots « faux » ou « erreur ». Leur utilisation pourrait développer un fort complexe de culpabilité chez votre enfant.
5. Ramassez vous-même tout ce que votre enfant laisse traîner derrière lui. Cela lui donnera de l’expérience pour rejeter la responsabilité sur les autres.

Méditons ce bref commentaire sur la perspective divine de la discipline :
Le but du châtiment de Dieu n’est pas punitif mais créatif. Il châtie « afin que nous participions à sa sainteté ». L’expression « afin que nous participions » indique que Dieu nous dirige vers une vie belle et purifiée. Le feu qui nous atteint n’est pas un feu de joie qui brûle imprudemment et de façon inconsidérée et qui consume des choses précieuses. C’est le feu du fondeur. Et le Fondeur s’assoit près de lui et, avec fermeté, patience et douceur, Il fait sortir la sainteté à partir de la négligence, et la stabilité à partir de la faiblesse. Dieu crée toujours même quand Il utilise les moyens de grâce les plus sombres. Il produit les fleurs et les fruits de l’Esprit. Son amour est toujours en quête de belles qualités. (J. H. Jowett, Life in the Heights, p. 247, 248)


Soyons donc « lucides » quant à notre propre rôle éducatif, apprenant de la manière dont Dieu, notre Père, nous traite – nous corrigeant selon son amour, pour notre bien, dans sa bienveillance, ce qui n’empêche pas, parfois, que ses corrections soient désagréables pour nous, du moins sur le moment. Suivons son modèle, dans l’amour, pour viser le même résultat dans la vie de nos enfants !
« Le bâton et le reproche procurent la sagesse, tandis que l’enfant livré à lui-même fait honte à sa mère » (Prov 29.15, Segond 21).

« Corrige ton fils tant qu’il y a encore de l’espoir, mais ne va pas jusqu’à désirer sa mort » (Prov 19.18, Bible du Semeur).
Que le Seigneur nous aide à éduquer selon la vérité, dans l’amour et avec une véri table bienveillance !

 


Henry Oppewall