Ce que l’Église peut apprendre de la famille – et vice versa

Nous avons le privilège, la grâce immense de pouvoir appeler Dieu notre Père. Et, même pour ceux dont le père sur cette terre ne s’est pas montré « digne », nous devons savoir ce que cela représente : non seulement le « géniteur », mais celui qui protège, qui pourvoit, qui prend soin (tous les éléments de « confiance » en Matthieu 6.25-32 ; 7.7-11).

Mais notre Dieu se comporte aussi comme une mère, pour nous nourrir, prendre soin de nous (voir par exemple Esaïe 66.12-13). Voilà ce que nous sommes, en Christ : des enfants de Dieu. De là viennent la confiance, l’intimité, la paix qui ! C’est déjà merveilleux d’être membres de la famille de Dieu !

Allons plus loin. Quelle image avez-vous de l’apôtre Paul ? Celle d’un homme qui ne laisse rien le faire dévier de son objectif ? On l’imagine seul sur la route, poursuivant sa tâche, annonçant l’Évangile sans crainte (au point d’accepter tous les mauvais traitements) « Secouant la poussière de ses pieds » quand son message est rejeté.

Mais il y a beaucoup d’autres facettes à l’apôtre Paul : son amour, son amitié, le souci qu’il avait pour « ses » Églises. (Voir 2 Corinthiens 11.28 : « Et, sans parler du reste, je suis assailli chaque jour par le souci que j’ai de toutes les Églises »). Cela est vrai au point où Paul a même refusé de rester à Troas pour annoncer l’Évangile, par souci des Églises en Macédoine (voir 2 Corinthiens 2.12-13).
Paul est précis sur ses rôles auprès des Églises, en reprenant les images de père et de mère, comme nous pouvons le lire en 1 Thessaloniciens 2.7-12. Au risque de casser notre « image macho » de Paul, il dit avoir pris soin des chrétiens de Thessalonique « comme une mère prend un tendre soin de ses enfants », au point d’être prêt à donner sa vie pour eux. De même, au sujet des Galates, il parle « d’éprouver les douleurs de l’accouchement » ! Quels sont les rôles d’une mère ? C’est justement « nourrir », surtout aux débuts de la vie, par l’allaitement, jusqu’au sevrage. Et puis, toute mère continue à veiller sur le bien-être de ses enfants, en prenant soin d’eux, quitte à passer des nuits blanches, plus toutes les peines « du ménage », pour que ses enfants soient bien habillés, propres, dans une maison accueillante, etc.

Dans la suite de ce passage, Paul parle aussi de son rôle de père. D’abord, de père spirituel, pour ceux qu’il a amenés au Seigneur. Mais aussi le rôle d’un père, dans ce que cela implique d’éducation – dans l’annonce de l’Évangile, mais aussi de tout ce qui découle de l’Évangile dans l’apprentissage du comportement d’enfants de Dieu, résumé par ce que nous lisons au verset 12 : « nous vous avons encouragés, réconfortés et suppliés de marcher d’une manière digne de Dieu ». Ce sont les rôles du père : l’enseignement, la « discipline », l’encouragement à grandir et s’assumer...


Voici donc, dans la famille, ce que nous pouvons apprendre de nos rôles respectifs de père ou de mère (et d’ailleurs, beaucoup des « activités et tâches » peuvent être « interchangeables » entre les parents. Dieu lui-même assume les deux rôles. C’est un encouragement pour les familles « monoparentales » !...)


L’Église est aussi cette grande famille de Dieu, composée de nos familles respectives. L’apôtre Paul a pu s’approprier ces états d’esprit et comportements dans sa manière de faire avec les chrétiens dans les Églises, en s’inspirant directement de l’exemple de Dieu lui-même. Ceci devrait être un modèle pour tout responsable d’Église. Si nous avons ce rôle, posons-nous la question de savoir si ces attributs sont visibles, présents dans notre manière de faire : l’affection, la tendresse, la compassion (pour les pères aussi, voir Ps 103.13 !) le dévouement d’une mère, combinés avec la transmission de la Parole de Dieu, dans l’encouragement, l’exhortation/discipline (voir Prov 3.12 ; Hébr 12.7-10), le réconfort et l’insistance à ce que chacun marche d’une manière qui glorifie le Seigneur !


Que le Seigneur nous aide, chacun de nous, à « remplir » nos rôles respectifs, dans nos familles, et dans la famille de l’Église !


Henry Oppewall