L'adoration — de la perspective divine

La fête de Noël n’est pas loin derrière nous, et nous avons probablement chanté « O Peuple fidèle ». Dans son refrain nous avons donc repris l’exhortation/encouragement : « Que votre foi l’adore ». Nous avons peut-être également lu l’un des récits principaux de la naissance de notre Seigneur, en Luc 2.1-20. C’est peut-être moins sûr que nous ayons mis l’accent sur ce dernier verset de Luc, au sujet de la réaction des bergers : « Puis les bergers repartirent en célébrant la gloire de Dieu et en lui adressant des louanges à cause de tout ce qu’ils avaient entendu et vu et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé ».

Dans un encouragement à « bien commencer » cette nouvelle année, considérons un instant notre adoration – et ce que Dieu attend de nous comme louanges. Vous avez peut-être déjà remarqué que je peux être parfois « pénible » avec le vocabulaire employé. La tournure « groupe de louange » me hérisse, justement parce que tout le culte – offrandes, prières, et prédication – devrait aussi être notre réponse de louanges, autant que les cantiques. Mais revenons au sujet principal, l’adoration. Très brièvement, rappelons-nous l’usage de ce mot dans la Bible. Le terme principal dans le Nouveau Testament est proskuneô, qui exprime exactement la même idée littérale que le mot hébreu chaHah de l’Ancien Testament : « se prosterner face contre terre ». Si nous n’appliquons pas la manière de faire littérale de ce mot, cela implique néanmoins ce qui est derrière un tel comportement : plus que du respect, c’est un véritable « hommage ». C’est reconnaître Sa supériorité, le droit de « commander », notre soumission à celui qui est plus grand, le seul digne du culte, Dieu lui-même.

« Puis les bergers repartirent en célébrant la gloire de Dieu et en lui adressant des louanges à cause de tout ce qu’ils avaient entendu et vu et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé »

Luc 2.20

Notons juste aussi ce que révèle une étude de ces deux verbes dans les langues originales : l’adoration est une réponse à la prise de conscience de la présence de Dieu, de son intervention dans nos vies ! Tout Israël s’est prosterné pour adorer l’Éternel, lors de l’inauguration du temple « de Salomon » (2 Chroniques
7.1-3). Mais Israël a également adoré Dieu dès que le peuple a pris conscience que Dieu allait intervenir dans leur vie (avant même les dix plaies d’Égypte et la sortie du peuple). Pourquoi ? Nous lisons en Exode 4.31 que « Le peuple crut. Ils apprirent que l’Éternel s’occupait des Israélites, qu’il avait vu leur souffrance, et ils se prosternèrent et adorèrent ». Il y a également des moments d’adoration très « insolites » dans l’Ancien Testament, comme lorsque Gédéon se prosterne pour adorer Dieu au milieu du campement des Madianites (voir Juges 7.15), parce que, lui aussi, prend conscience que Dieu est en train d’agir. L’affirmation de Jésus à la femme samaritaine, que « Dieu est esprit et qu’il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité » (Jean 4.24) enlève-t-il quelque chose au sens véritable de l’adoration ? Jésus ne fait que souligner, qu’en lui, il n’y a plus besoin de « lieu sacré » pour pouvoir adorer Dieu. Nous, chrétiens, chacun de nous, sommes le véritable temple de Dieu, ainsi que l’Église – (les chrétiens réunis, et non le bâtiment !).

Mais combien de fois y a-t-il véritablement de l’adoration, lors de nos cultes ?

Oui, nous chantons, prions, etc. Mais rencontrons-nous véritablement Dieu, pour nous tenir en sa présence, consciemment, nous rendre compte combien il est présent, en train d’agir dans nos vies et dans notre monde, pour le louer ? Lorsque nous nous réunissons, est-ce vraiment dans le désir de « rencontrer Dieu », afin de confesser sa majesté, ses bontés, son amour, et nous remettre devant lui comme ses enfants reconnaissants, conscients de sa grâce, de son amour, de sa miséricorde, de son pardon ? Surtout, conscients de
tout ce qu’il est en train de faire dans nos vies, pour lui répondre avec reconnaissance et adoration, pour nous retrouver, nous aussi, comme les bergers après leur visite à Jésus à Bethléhem, ou bien comme les disciples après l’ascension du Seigneur (Luc 24.52-53), remplis d’une grande joie, et constamment en train de louer et de bénir Dieu ?


Pour cette nouvelle année, que nos cultes soient vraiment des moments d’adoration — et les autres jours de la semaine aussi, puisque l’adoration et justement notre réponse à la présence de Dieu, à sa grandeur, à la prise de conscience de ses bontés, de tout ce que nous recevons de lui !


Bonne année richement bénie dans le Seigneur donc !

 

Henry Oppewall

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