Pourquoi prêter attention à l'ascension de Jésus ?

Je me rappelle, jeune, l’intérêt qu’avait tout le monde pour regarder les lancements des fusées, tout d’abord pour mettre des hommes en orbite autour de la terre, puis, encore plus, lorsque des équipes sont parties pour la lune. Et aussi le désarroi lorsque, devant nos yeux, certains lancements avaient échoué, avec la mort des astronautes à bord. Quant à la réalité de ces voyages hors de la terre, et malgré ces témoignages oculaires, diffusés à grande échelle, certains restent sceptiques sur la réalité d’avoir envoyé des hommes sur la lune.

Prenons donc quelques instants pour méditer un autre « lancement », devant témoins, celui de l’ascension de Jésus. Qu’en pensons-nous ? Y pensons-nous réellement ou est-ce que ce jour est juste un jour de congés supplémentaire permettant de faire le pont ? Nous sommes dans la joie du dimanche de Pâques, de la résurrection du Seigneur, et dans l’attente de célébrer l’anniversaire de la naissance de l’Église, le dimanche de Pentecôte. Mais entre les deux, il y a aussi l’Ascension !

Nous passons peut-être à côté de l’importance de ces quelques versets, justement parce que Luc ne donne que très peu de détails, et ne met aucun accent sur le « spectaculaire » de ce que représente ce départ visible de Jésus vers le ciel de Dieu. Ce commentaire de Luc est tout l’opposé de l’exagération. C’est pourtant un événement réellement unique – aussi unique presque, que la résurrection.


Il n’y a que deux autres occasions où on peut supposer qu’un homme soit pris directement au ciel : le cas d’Hénoc, vu le contraste de la déclaration « Hénoc marcha avec Dieu, puis il ne fut plus là, parce que Dieu l’avait pris » (Gen 5.24 – contraste frappant avec toutes les autres déclarations « puis il mourut ») ; puis le prophète Elie, pris par un char et des chevaux de feu pour monter au ciel dans un tourbillon (2 Rois 2.11).

On peut imaginer, en effet, les disciples, figés sur place à regarder encore vers le ciel, même après que Jésus ait disparu de leur vue dans la nuée. Voilà pourquoi nous bénéficions aussi du message des deux anges dans le verset suivant : « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l’avez vu aller au ciel » (Act 1.11).

 

Avons-nous besoin de ce récit de l’ascension pour nous rappeler que ni la résurrection du Seigneur, ni la Pentecôte ne sont « la fin de l’histoire » ? Considérons tout d’abord, très brièvement une question très pratique. Puisque Jésus est ressuscité dans son corps, il fallait bien qu’il aille quelque part après sa résurrection. Et il valait mieux qu’il y ait des témoins qui assistent à son départ – car autrement, les sceptiques pourraient quand même dire qu’il a fini par mourir !

Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à les fin du monde !

Deuxièmement, je souligne un élément important encore pour nous aujourd’hui. Nous restons tellement imprégnés de la philosophie grecque que nous ne tenons pas assez compte des implications de la résurrection, de l’ascension, de l’avènement futur du Christ. Car il est monté, en son corps, au ciel. Fils de Dieu, pleinement homme également, il y a donc un homme – Jésus – assis à la droite de Dieu le Père. Et, comme les anges l’ont dit aux disciples, ce même Jésus, « reviendra de la même manière que vous l’avez vu aller au ciel » ! Pas un avènement « invisible » ou purement spirituel comme certaines sectes l’enseignent, mais un véritable retour, une « rentrée » sur cette terre, où comme le précisent les prophéties, son pied touchera terre là d’où il est monté – sur le mont des Oliviers – comme cela est précisé en Zacharie 14.4 et comme il est écrit en Apocalypse 1.7 : « Le voici qui vient avec les nuées. Tout œil le verra, même ceux qui l’ont transpercé, et toutes les familles de la terre pleureront amèrement sur lui. Oui. Amen ! Je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant ». « Alors on verra le Fils de l’homme venir sur une nuée avec beaucoup de puissance et de gloire. Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche » (Luc 21.27-28). Bonne fête de l’ascension donc !


Henry Oppewall