Quelle part à la reconnaissance dans notre foi ?

« Thanksgiving » et l'Avent

Il y a quelques jours, les États-Unis ont célébré « Thanksgiving » (journée d’actions de grâces). Les Canadiens ont célébré leur propre « Thanksgiving » un peu plus tôt, le deuxième lundi d’octobre. Cette fête-là ayant pour origine non seulement les actions de grâces pour les moissons comme aux États-Unis, mais, suite à l’arrivée de réfugiés fuyant la guerre civile américaine, ceux-ci ont amené avec eux cette coutume de journée d’actions de grâces. Et cela a rajouté également, à ce moment-là, pour les Canadiens, la reconnaissance de ne pas être américains (car la guerre de sécession fut une guerre civile très sanglante entre « frères ennemis »).

Quel lien y a-t-il entre les actions de grâce et la saison de l’Avent, ce temps de préparation avant de célébrer la naissance du Sauveur ? Nous lisons dans le Ps 50.23 « Celui qui offre en sacrifice sa reconnaissance m’honore, et à celui qui veille sur sa conduite je ferai voir le salut de Dieu ». Il y a un certain temps, j’avais déjà écrit sur l’importance de la reconnaissance dans notre foi, dans notre conversion, ce qui devrait nous distinguer de ceux qui ne connaissent pas Dieu, comme l’apôtre Paul l’a souligné avec force en Romains 1.18-25. Voir surtout les versets 19-21 : « Ils sont donc inexcusables, puisque tout en connaissant Dieu, ils ne lui ont pas donné la gloire qu’il méritait en tant que Dieu et ne lui ont pas montré de reconnaissance ; au contraire, ils se sont égarés dans leurs raisonne-
ments et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres ».

« Ainsi donc, en tant qu’êtres choisis par Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous de sentiments de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres et, si l’un de vous a une raison de se plaindre d’un autre, pardonnez-vous réciproquement. Tout comme Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais par-dessus tout cela, revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection. Que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans votre cœur. Et soyez reconnaissants.

Que la parole de Christ habite en vous dans toute sa richesse ! Instruisez-vous et avertissez -vous les uns les autres en toute sagesse par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantez pour le Seigneur de tout votre cœur sous l’inspiration de la grâce. Et quoi que vous fassiez, en parole ou en acte, faites tout au nom du Seigneur Jésus en exprimant par lui votre reconnaissance à Dieu le Père » (Col 3.12-17)

« Thanksgiving » manifeste notre reconnaissance pour tout ce que nous recevons de Dieu dans cette vie sur terre – le soleil, la pluie, les saisons, les récoltes, le pain et les diverses nourritures, mais aussi pour toutes les autres choses qui nous permettent, non seulement de vivre, mais de « bien vivre ». Nous, évangéliques, n’avons pas trop l’habitude de « pratiquer » l’Avent, ces quelques semaines qui précèdent Noël. Alors, nous ne comprenons peut-être pas l’importance que cela revet. Ce ne sont pas juste des préparatifs pour fêter la naissance du Sauveur. Il y a une part qui considère réellement qui nous sommes, où nous allons, et le cri du cœur non seulement de voir venir Emmanuel, mais le moment où nous aurons été délivrés de toutes nos peines, de toutes nos souffrances, lorsque nous le verrons lors de son avènement dans la gloire. Il ne s’agit pas de préparer juste la fête d’une naissance, mais de mettre en perspective tout ce que sa venue représente pour nous. Et la meilleure manière de l’exprimer, c’est avec la reconnaissance, des actions de grâces.


Considérons-nous notre salut, la grâce de Dieu comme un dû ? Avons-nous oublié qui nous étions, pour manifester, à nouveau, aujourd’hui, notre reconnaissance pour un salut aussi merveilleux, pour ce don incomparable qu’est l’incarnation de Jésus, qui nous apporte le salut et la paix avec Dieu, dans la perspective de la gloire éternelle ? Tout ce que nous « vivons » tous les jours peut, petit à petit, peut nous amener à considérer ce cadeau comme normal. Imaginons s’il n’y avait plus de chocolat dans ce monde, par exemple. De quelle manière dégusteriez-vous votre « dernier morceau » ? Mais allons plus loin qu’une reconnaissance pour des choses. Lorsque nous exprimons notre reconnaissance (pour un service rendu, une marque d’amitié, d’affection, d’amour) par un geste « gratuit », un sourire ou un mot gentil lorsqu’on en a besoin ! Quelle différence cela fait-il ? Et encore, il est relativement facile de nous montrer reconnaissants pour de telles choses – même si nous ne le faisons pas toujours. Mais comment manifester une reconnaissance « en toutes choses » ? C’est bien ce que Paul écrit en 1 Thessaloniciens 5.18 : « Exprimez votre reconnaissance en toutes circonstances, car
c’est la volonté de Dieu pour vous en Jésus-Christ ».
Mais pour quelles raisons la reconnaissance est-elle la volonté de Dieu pour nous ?

 

La reconnaissance est à l’opposé de l’égoïsme. Il est impossible de « revendiquer mes droits », d’exiger « ce qui m’est dû » et de manifester en même temps de la reconnaissance. Râler, quelle qu’en soit la raison, manifeste que le râleur est centré sur lui-même, qu’il se sent lésé, brimé, désavantagé. Dit le plus simplement possible, cela montre que c’est nous-même qui sommes au centre, qui comptons plus que n’importe quoi d’autre. C’est peut-être totalement inconscient. Mais cela manifeste néanmoins qui nous sommes réellement, profondément.


Lorsque nous sommes reconnaissants, non seulement nous marchons vraiment par la foi, mais nous commençons aussi à penser, à agir comme de véritables citoyens du Royaume des cieux. Alors, entre « Thanksgiving », nos actions de grâces pour tout ce que nous recevons comme bontés de Dieu, de sa provision dans notre vie, et Noël, le moment où Dieu est venu vers nous, qu’il est devenu homme pour nous apporter le salut, tout est grâce. Soyons donc reconnaissants pour son amour, pour toutes ses manifestations à notre égard, pour fêter le vrai sens de Noël, et dire merci à Dieu pour ce don ineffable qu’est son Fils, devenu homme pour nous apporter joie, paix, salut et même adoption en tant qu’enfants de Dieu.


Joyeux Noël !


Henry Oppewall