Quelle est la place réelle de Jésus dans notre vie ?

Voici une des questions que se pose Dallas Willard, dans un livre puissant, The Divine Conspiracy, qui est, essentiellement, un commentaire approfondi du Sermon sur la Montagne. Il contient aussi des « retombées » bien pratiques sur la vie de l’Église, la formation et le discipulat, dont je vous livre quelques extraits pour démarrer cette nouvelle rentrée.


Un pasteur américain bien en vue se lamente : « Pourquoi l’Église d’aujourd’hui est-elle si faible ? » Pourquoi pouvons-nous parler d’autant de conversions, d’engagements dans le baptême, d’autant de nouveaux membres d’Églises, mais en même temps, constater que l’Église semble avoir de moins en moins d’impact dans la société et dans la culture ? Pourquoi est-il si difficile de distinguer les chrétiens des autres gens ?

Pourquoi l'Église d'aujourd'hui est-elle si faible ?

Pourquoi est-il si difficile de distinguer les chrétiens des autres gens ?

Le disciple n’est pas plus que le maître ; mais tout disciple accompli sera comme son maître.

Luc 6.40

Ne devrions-nous pas envisager un instant la possibilité que ce mauvais résultat est dû, non pas en dépit de ce que nous faisons, mais à cause de notre manière de faire ? Qu’enseignons-nous ? De quelle manière le faisons-nous ? Cela ne nous permettrait-il pas de discerner pour quelles raisons la puissance de Jésus et de son Évangile semblent si distantes de l’existence humaine ordinaire, laissant celle-ci sans repères et loin de toute la puissance de la plénitude de la vie éternelle pour aujourd’hui ? (Traduit de Dallas Willard, The Divine Conspiracy, William Collins, 2014, p.49)

 
Une relation avec Jésus n’est pas quelque chose qui arrive automatiquement. Cela ne se crée pas non plus par une « infusion passive ». Jésus « appelle » des disciples. Cependant, le discipulat (ou le fait d’être l’apprenti de Jésus) n’est plus considéré aujourd’hui comme étant essentiel à la foi en Christ. C’est considéré comme une option coûteuse, un luxe spirituel, ou même parfois comme une échappatoire. « Pourquoi se préoccuper d’être un disciple », pense-t-on assez largement, … « Faisons tout simplement ce que nous avons à faire ». (Willard, p.5)

L’intégration de la foi à la vie quotidienne


Actuellement, d’un côté, nous avons un genre de « foi en Christ » et, de l’autre, la vie d’abondance et d’obéissance qu’offre Jésus et qu’il manifeste, lui. Mais il ne semble avoir aucun pont entre cette foi-là et notre vie quotidienne. Certains arrivent malgré tout à vivre cette vie abondante. Mais lorsque cela arrive, on considère que c’est « par hasard » et exceptionnel, et non un élément normal et naturel de la Bonne Nouvelle. La prière semble également « fonctionner » pour certains, mais qui peut expliquer pourquoi et comment ?… L’efficacité dans la prière n’est pas exigée, ni pour « aller au ciel », ni pour être engagé dans de bonnes causes pour améliorer la vie dans ce monde. 


Nous vivons donc une aliénation « de fait » de notre pratique de la foi au lieu d’avoir Jésus comme ami véritable et comme « enseignant » et vivre notre vie au quotidien comme une vocation sainte, un rendez-vous « permanent » avec Dieu. Certains mettent des comportements rituels à la place de la vitalité de la vie divine et de l’intégrité personnelle. D’autres peuvent se contenter d’un assortiment occasionnel « d’expériences » plutôt que de vivre une transformation radicale des valeurs, du comportement et de la vie.


Au cœur de cette aliénation demeure l’absence de Jésus comme maître (enseignant) dans notre vie. Bizarrement, nous semblons prêts à accepter à apprendre comment vivre, de presque n’importe qui – sauf de Jésus. Nous sommes prêts à croire que les « études les plus récentes » ont plus à nous enseigner au sujet de l’amour, de notre sexualité,… que Jésus. Nous sommes prêts à croire que Carl Sagan est une meilleure autorité sur le cosmos que Jésus. Nous perdons tout sens de la différence entre les connaissances et la sagesse : notre comportement le manifeste.


Lorsque nous recherchons spontanément de « l’information » sur comment vivre, cela démontre clairement ce que nous croyons et ressentons réellement, et en qui nous plaçons véritablement notre confiance. Cela prouve que, pour nous, l’enseignement de Jésus n’est plus pertinent pour la vie quotidienne au vingt-et-unième siècle. (Willard, p.65)


Que reflète en effet notre manière de vivre ? Voici la question de fond, notre thème pour cette année : « Le royaume de Dieu est déjà parmi nous . Est-il visible dans ta vie ? ». La réflexion se basera, tout au long de l’année, sur des éléments du Sermon sur la Montagne (Matt 5-7).


Bonne rentrée à tous, et à bientôt !

 


Henry Oppewall