Une « belle » adoration

Le culte est le moment où ; l’Église est la plus visible dans ce monde. C’est aussi le moment où nous essayons d’être une « vitrine » de l’Évangile, de l’amour de Dieu, de l’accueil pour ceux et celles qui nous rejoignent. Une partie de cette expression, ces dernières années, concerne l’adoration, avec raison. Dans pas mal d’Églises, cela a donné naissance à des « groupes de louange » pour conduire l’assemblée dans le chant. Mais, en fait, tout le culte est louange : pas juste les cantiques, mais aussi l’offrande, les prières et l’enseignement de la Parole de Dieu.

Considérons, ce mois-ci, une raison qui motive cette affirmation de ma part : le Psaume 96.8-10, un de ces passages merveilleux où Dieu nous invite justement à pratiquer une « belle adoration ». Que ce soit dans l’Ancien Testament, ou aujourd’hui – le culte est tout premièrement pour Dieu, dans le but de le glorifier, lui. Or, la gloire a un « usage limité », si je puis dire. On peut respecter un excellent musicien, un artiste, un président d’une nation, mais les « glorifier », c’est autre chose. Le Seigneur dit qu’il ne donnerait sa gloire à aucun autre (voir Esaïe 42.8). Comment le glorifier ? Évidemment, par notre adoration. Et pas seulement l’adoration personnelle, chacun dans son coin, mais aussi l’adoration collective de son peuple. C’est cela, l’invitation à entrer « dans ses parvis », pour nous retrouver
réunis.

Rendez à l’Éternel gloire pour son nom! Apportez des offrandes, et entrez dans ses parvis! Prosternez-vous devant l’Éternel avec des ornements sacrés. Tremblez devant lui, vous tous, habitants de la terre! Dites parmi les nations: L’Éternel règne; Aussi le monde est ferme, il ne chancelle pas; L’Éternel juge les peuples avec droiture. 

Psaumes 96.8-10

Puis, nous le glorifions par nos offrandes (ou peut-être, souvent, pas vraiment, il y a peut-être des moments où nous insultons le Seigneur par ce que nous donnons, par le peu que nous lui donnons, mais cela, c’est un autre sujet qui mériterait approfondissement...). Ensuite, comme nous le lisons en Hébreux 13.15, nous offrons « un sacrifice de louange » par nos paroles, par le fait de confesser publiquement que nous lui appartenons.

C’est donc quoi, une « belle adoration » ? Nous ferions une erreur « de contexte » assez grave si nous essayions d’appliquer le Ps 96.9 « à la lettre », en nous prosternant, en « habits sacerdotaux ». Si cela pouvait bien être le cas pour l’adoration dans le Temple à Jérusalem, nous savons que Jésus nous demande autre chose, selon Jean 4.23-24 : « Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père. Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité ».

C’est donc quoi, une « belle adoration » ? Nous ferions une erreur « de contexte » assez grave si nous essayions d’appliquer le Ps 96.9 « à la lettre », en nous prosternant, en « habits sacerdotaux ». Si cela pouvait bien être le cas pour l’adoration dans le Temple à Jérusalem, nous savons que Jésus nous demande autre chose, selon Jean 4.23-24 : « Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père. Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité ».

Je suis l’Éternel, c’est là mon nom; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles.

Esaïe 42.8

Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom.

Hébreux 13.15

Reconsidérons la tournure du Ps 96.9. La phrase « avec des ornements sacrés » peut également être traduite « dans une sainte magnificence », « dans une sainte splendeur », ou même « dans la beauté de la sainteté ». Avec cette lecture-là, nous ne sommes pas dans la considération des « choses », d’une « liturgie » ou rituel quelconque, mais de l’état de notre cœur. (S’il est vrai que Dieu regarde au cœur et pas aux apparences, ne négligeons quand même pas notre apparence, notre « tenue » lorsque nous nous retrouvons, car cela aussi peut manifester l’honneur que nous lui accordons. Mais ce n’est pas cela, la question la plus importante dans cette « belle adoration »). Nous savons que nous pouvons nous approcher librement du Père parce que nous sommes « en Christ », c’est par Jésus, par le fait d’avoir été lavés de nos péchés par son sacrifice à notre place. Mais c’est donc aussi le processus de notre sanctification. Le Psaume 24.3-4 souligne que peuvent s’approcher de Dieu ceux qui ont « les mains innocentes et le cœur pur, celui qui ne se livre pas au mensonge et qui ne fait pas de serments trompeurs ».


Comme l’affirme Matthew Henry, « Nous devons l’adorer avec des cœurs saints, sanctifiés par la grâce de Dieu, nous consacrant à la gloire de Dieu, et purifiés de la pollution du péché ». Une belle adoration, c’est donc surtout une question de cœur, une adoration « en esprit », une « véritable adoration » parce que reconnaissants de notre salut, confessant la grandeur de notre Dieu, nos cœurs débordant d’amour pour lui, avec envie donc de proclamer sa gloire, ensemble, à qui veut l’entendre !


La prochaine fois que nous nous retrouvons, apportons tout ce que nous pouvons, chacun de nous, en esprit et en vérité, pour que notre adoration soit une « belle adoration » selon Dieu, dans la beauté de la sainteté !


Henry Oppewall