La famille aujourd’hui - et les célibataires alors ?

Le samedi 22 septembre nous avons « fait notre rentrée » avec la pastorale nationale, et nous avons survolé le thème choisi pour cette année : « La famille aujourd’hui ». Dès
qu’on prononce le mot « famille », qu’est-ce que cela évoque pour vous ? Le mariage, être en couple, avoir des enfants ? Il est juste de poser également la question de la
« place » et du rôle des célibataires alors, pour ne pas communiquer qu’ils soient « exclus » ou « pas encore casés » ! Le sujet est encore plus important lorsque nous considérons la « famille de l’Église », la place et le rôle de chaque personne dans cette famille-là, la famille de Dieu.

Il est, bien sûr, impossible de traiter un tel sujet dans un seul numéro d’En Alliance. Mais j’espère au moins donner quelques perspectives et pistes de réflexion, pour que nos « familles d’Église » ne laissent personne « sur le carreau », ayant l’impression
d’être en dehors, voir même « exclu » d’une pleine vie et de la bénédiction de Dieu.
Commençons donc par le « commencement ». La Parole de Dieu est claire (sans prendre le temps ici de citer les divers passages) : pour notre vie sur cette terre, la « norme », c’est le mariage, le couple et la famille. C’était d’autant plus important pour
l’alliance en Israël que l’héritage était transmis et acquis par une descendance, donc, une famille. Et c’était une des malédictions que « son nom » disparaisse du peuple de Dieu par manque d’héritier, comme le souligne par exemple la loi du « lévirat » (Deut
25.5-6), « afin que ce nom ne soit pas effacé d’Israël ».
En tant que chrétiens, nous avons « de bien meilleures promesses » qu’un héritage terrestre, nous pouvons nous réjouir, comme le souligne Jésus (Luc 10.20), que « nos noms soient inscrits dans le ciel », et cela, peu importe notre « état civil », puisque nous
sommes devenus, tous, en Christ, membres de la famille de Dieu.
Là, c’est sans exception, hommes, femmes, célibataires, couples, si nous sommes en Christ, enfants de Dieu, nous sommes « dans la famille » et aucun de nous n’est « tout seul ». Cela soulève une question très pratique dans notre manière de « vivre la fa-
mille » de l’Église, mais ce sera pour une autre fois, peut-être dans ces colonnes, probablement plutôt « ailleurs ». Restons ici juste dans les perspectives d’un célibataire dans la famille de Dieu.
L’Évangile « change tout », y compris pour un tel sujet. Est-il nécessaire de souligner que Jésus est resté célibataire pendant toute sa vie sur terre ? Et si quelqu’un était « pleinement dans la volonté de Dieu », c’était lui, bien sûr. Il ne lui « manquait rien »,
et surtout pas « sa meilleure moitié » ! Les implications des paroles de Jésus, en Matthieu 19.3-12, si elles ne remettent pas en question la norme du mariage, montrent que ce n’est pas un engagement à prendre à la légère, ni « automatique », au point où les
disciples réagissent fortement, face aux exigences de l’engagement, pour conclure « qu’il vaut mieux ne pas se marier » ! Et Jésus lui-même souligne qu’il y a des célibats qui sont des « dons de Dieu ».
L’apôtre Paul, tout en étant dans le contexte Juif, écrit sur son propre célibat pour dire même (1 Cor 7.8) qu’il était bien pour les célibataires chrétiens de le rester, comme lui.

Or, sa « place » de rabbin/docteur et Pharisien dans la société juive exigeait normalement qu’il soit marié. Mais il place sa situation dans le Seigneur, et sa « liberté » de le servir au-dessus des normes de la société, de ses propres « droits » même.

Tirons donc quelques conclusions de ce bref survol :
Premièrement, si vous êtes mariés, remercions Dieu pour ce don merveilleux – et prions pour qu’il donne force, discernement, sagesse pour être des exemples vivants de son amour, de sa grâce, servons-le là où il nous a placés.
Deuxièmement : si vous êtes mariés, n’oublions pas les célibataires dans l’Église, pour les « inclure », leur laisser leur juste place, non seulement « pour le service » dans l’Église, mais dans une pleine communion comme membres « à part entière » de la famille de Dieu. (N’oublions pas de les inviter aussi, par exemple pour un repas, etc.).
Troisièmement, si vous êtes célibataire, ce n’est peut-être pas par « vocation », car c’est tout simplement parce que vous êtes trop jeune pour vous marier, ou que vous n’avez pas encore trouvé le/la conjoint/e pour servir le Seigneur ensemble. Ou que vous vous retrouvez, à nouveau « célibataire » par une séparation ou par le veuvage. Mais que cela ne devienne pas « la » préoccupation de votre vie ! Si nous faisons confiance au Seigneur, faisons aussi confiance qu’il pourvoira aussi à cette aspiration « en son temps », et en attendant, cherchez, vous aussi, à le servir de tout votre cœur, dans la famille !
Mais ne négligeons pas non plus cet appel, légitime, pour certains, qui ont ce « don » de célibat et qui, comme Paul, peuvent donc consacrer pleinement tout leur temps au service du Seigneur (sans préciser ici, bien évidemment, de quelles manières – ce sera selon les dons et les appels de chacun). Une dernière observation au sujet de Paul : tout en étant célibataire, par son ministère de l’Évangile il est devenu le « père » de bien plus d’enfants, dans la foi, qu’il n’aurait jamais pu avoir s’il avait fondé une « famille » normale !
Que chacun de nous, là où nous sommes, cherche à servir le Seigneur pleinement, de tout son cœur, de toutes ses forces, de toute son intelligence, car le Seigneur demeure fidèle ! « C’est pourquoi nous prions constamment pour vous, afin que notre Dieu vous trouve dignes de son appel et que, par sa puissance, il mène à leur accomplissement tout désir de faire le bien et toute œuvre de la foi. Ainsi
la gloire du nom de notre Seigneur Jésus[-Christ] sera révélée en vous et la vôtre en lui, conformément à la grâce de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ » (2 Thess 1.11-12).


Henry Oppewall