Perspectives de résurrection

Nous voici à Pâques pour proclamer, à nouveau, la victoire de la résurrection de notre Seigneur. En effet, la mort n’a pas pu le garder. Mais y pensons-nous, vraiment ? Nous passons souvent du temps, les semaines avant Pâques, à méditer les événements de la dernière semaine du Seigneur, avant sa crucifixion. Dimanche dernier nous avons peut-être célébré les rameaux – sa démonstration puissante d’être le Messie et le roi d’Israël, qui a été si rapidement suivie par d’autres cris de la foule, pour demander sa crucifixion.

Nous avons peut-être étudié les différentes paroles du Seigneur sur la croix ou médité son procès, le reniement de Pierre, le découragement des disciples, leur crainte, puisque tout semblait terminé (puisqu’ils n’ont pas « entendu » sa promesse de ressusciter le troisième jour). Puis, arrive le dimanche de Pâque, et le tombeau vide. La joie indescriptible des disciples, puisque le Seigneur est réellement ressuscité !

Mais qu’en est-il pour nous, ces jours-ci, au sujet de la résurrection ? Nous y croyons, mais peut-être comme Marthe, lors de la mort de Lazare : « Je sais, lui répondit Marthe, qu’il ressuscitera lors de la résurrection, le dernier jour » (Jean 11.24). Elle y croyait, certes, mais d’une manière très « théorique » et lointain. En quoi la résurrection du Seigneur, le dimanche de Pâques, change-t-elle notre perspective sur la vie, aujourd’hui ?

Je vous invite à considérer brièvement les paroles de l’apôtre Pierre, en 1 Pierre 1.3-5, pour développer cette perspective « actuelle », pour nous aussi : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ! Conformément à sa grande bonté, il nous a fait naître de nouveau à travers la résurrection de Jésus-Christ pour une espérance vivante, pour un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se souiller, ni perdre son éclat. Il vous est réservé dans le ciel, à vous qui êtes gardés par la puissance de Dieu, au moyen de la foi, pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps ».


Oui, Jésus-Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité ! Mais voyons-nous ce que cela change pour nous, aujourd’hui, dans ce monde ? Premièrement, selon Pierre, notre nouvelle naissance est réellement une naissance – à la vie éternelle. Et cela, ce n’est pas « pour après notre mort » uniquement. Nous vivons, maintenant, en Christ, pour ne jamais mourir, même si notre corps peut encore disparaître. Mais notre espérance est vivante, ce n’est pas juste un vague « espoir » qu’il y ait quelque chose d’autre après la mort. Nous avons déjà notre place près du Seigneur, et personne ne peut nous le prendre, personne ne peut nous empêcher de nous y trouver le moment venu ! Car, comme Pierre termine ce petit paragraphe ô combien riche, nous sommes « gardés par la puissance de Dieu » !

 

Parce que Christ est ressuscité, nous vivons, nous aussi, aujourd’hui, dans la puissance de sa résurrection. Et il ne faut pas oublier que la résurrection « rachète » aussi la création toute entière (voir par exemple Romains 8.19-25), la vie éternelle n’est pas une « vue de l’esprit ». Débarrassons-nous des influences de notre héritage « gréco-romain » sur le fait que l’esprit est « bon » et la matière insignifiante, car il y a un homme, et dans un corps humain (certes, glorifié !) assis à la droite de Dieu le Père dans son ciel, attendant le moment où il viendra pour nous réunir avec lui – dans notre corps, et que nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Ce n’est pas juste une « vie en esprit » pour toute l’éternité ! Par son incarnation et sa résurrection, le Seigneur a également « racheté » la matière, le monde matériel. Aujourd’hui, la résurrection est-elle une vérité suffisamment puissante pour nous, suffisamment concrète dans nos pensées, pour que nous aussi, comme Paul, nous puissions dire que nous gémissons, parce que nous voulons, nous aussi, « nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie » (2 Cor 5.2-5) « Nous savons en effet que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi par Jésus et nous fera paraître avec vous dans sa présence » (2 Cor 4.14).

 

Joyeuse Pâques !


Henry Oppewall