La Bible que je possède, que je lis, est-elle "fiable" ?

Nous ne possédons pas les manuscrits « originaux », écrits par les différents auteurs bibliques. Parce que la Bible est « vieille » d'environ 2 000 ans, quelles confirmations avons-nous que notre Bible, c'est la même que celle qui a été rédigée par les prophètes, par les apôtres et par les autres auteurs ?


Il y a, pour le croyant, comme toute première « preuve », le témoignage interne de la Bible elle-même qui confirme cette fiabilité de transmission, certains livres qui en citent d’autres. Puis, il y a le témoignage du Saint-Esprit de Dieu à notre esprit que la Bible parle avec l'autorité de Dieu. Il y a aussi les « traditions » de l'Église, comme le canon, qui confirment cette transmission.



Mais pour quelqu'un qui ne croit pas, existe-t-il des preuves plus objectives ? La réponse est oui. Il existe des preuves plus concrètes, documentaires, historiques, archéologiques, que notre Bible aujourd'hui est vraiment la même que celle que Dieu a révélée aux prophètes, autres auteurs et aux apôtres. Notre Bible du 21ème siècle est vraiment fidèle à ses sources, à ses origines, et nous n'avons pas à avoir peur qu'on nous ait trompés quelque part en « faussant » les récits, ou en ajoutant des choses qui n'y étaient pas à l'origine. . Il est évident que nous n'avons plus les originaux, ni des livres de l'Ancien Testament, ni du Nouveau, écrits de la main même de Moïse, d'Ésaïe ou de l'apôtre Paul, etc. Nous appelons ces originaux des autographes. C'est-à-dire, les copies originales, écrites de la main même des auteurs. Ce que nous possédons, nous, en plus de nos Bibles imprimées, ce sont des morceaux, des fragments de textes plus ou moins grands, et plus ou moins complets des textes anciens, que nous pouvons appeler des versions ou des manuscrits. Ce sont des copies plus ou moins rapprochées dans le temps des originaux, des autographes. La science de l'examen de ces manuscrits, l'étude de leurs origines, le travail accompli pour les comparer les uns aux autres pour la vérification de leur valeur, de leur authenticité et de leur exactitude, c'est ce qu'on appelle « la critique textuelle ».


Les copies les plus anciennes de certains passages bibliques de l'Ancien Testament que nous possédons aujourd'hui datent d'environ 586 avant Jésus-Christ. Ce sont quelques morceaux retrouvés de rouleaux qui ont servi dans les synagogues. Mais la copie complète la plus ancienne que nous connaissons de l'Ancien Testament date d'environ 1 000 de notre ère (C'est le Codex de Leningrad, de 1008). Et n’oublions pas que toutes les copies de la Bible était faite à la main, jusqu’à l’invention de l’imprimerie autour de 1450 de notre ère par Johann Gutenberg).


Au lieu de considérer qu'une copie « ancienne » avait une grande valeur, comme nous le faisons, les Juifs considéraient justement que leurs nouvelles copies étaient des « copies conformes », et avaient donc plus de valeur que des copies plus anciennes, étant plus « lisibles ». Alors, ils détruisaient ces dernières, en les enterrant ou en les brûlant. Mais vu les soins pris pour faire les copies, les nouvelles étaient vraiment des « copies conformes ». On peut comparer le texte d'un même passage dans deux manuscrits différents, très éloignés dans le temps, et on constate qu'il n'y a pas, ou qu'il n'y a que très peu de différences. (Par exemple un manuscrit du livre du prophète Ézéchiel venue de Babylone – codex de Leningrad 916 de notre ère – et un manuscrit provenant de la Palestine, datée de 895 de notre ère : il n'y a en tout que 16 différences : une lettre a changée ici, une ponctuation par-là.)


Nous avons d'ailleurs une autre confirmation de cette exactitude dans les rouleaux de la Mer Morte, qui montrent qu'il n'y a presque pas eu de changement dans les copies datant de cette communauté (1er siècle de notre ère) et les copies 10 siècles plus tard ! De plus, les copies du livre d'Ésaïe trouvées dans la caverne n° 1 correspondent à 95% avec la Bible en hébreu que nous avons aujourd'hui ! Et les 5% de différences sont des différences d'orthographe pour certains mots ou noms.


Autre confirmation : La Septante, la traduction en grec de l'Ancien Testament (150 avant Jésus-Christ) correspond entièrement à l'Ancien Testament en hébreu Le « traitement » pour vérifier l’exactitude du Nouveau Testament prend une autre approche. Les autographes (les lettres écrites de la main de Luc, de Paul, de Jacques, ou les autres apôtres) ont disparu depuis longtemps, mais par contraste avec l'Ancien Testament, il existe une très grande abondance de copies de tous les textes du Nouveau Testament (soit en entier, soit des fragments), qui se conforment presque sans variation. Le nombre de manuscrits, de traductions, et de citations, dès les premiers siècles, est tellement énorme qu'il est pratiquement certain que la lecture d'origine a été conservée à 99%. On ne peut pas dire cela de n'importe quel autre livre d'antiquité du monde !


- Henry Oppewall

Pasteur retraité, membre honoraire du Conseil National de l'AEEI