Reposez-vous un peu

Nous avons parfois l’impression, de nos jours, que l’on nous en demande tou jours plus : plus de temps, d’investissement, de disponibilité. L’accent qui est mis sur la « productivité » en rajoute une couche. Et qui, d’entre nous qui sommes dans un ministère à plein-temps, ne sommes pas tentés de « prouver » que nous travaillons autant que les autres, sinon encore plus, en montrant nos agendas surchargés ?...

Ce sera bientôt l’été, un moment pour prendre des vacances. Qu’allons-nous en faire – réellement !? Dans le temps, certains considéraient le repos comme « un péché ». J’ai souvenir de commentaires comme « le Diable ne se repose jamais – alors nous non plus ! » Certains serviteurs ont sacrifié leur famille, leur santé, en s’épuisant « au travail ». Et c’est vrai qu’il y a beaucoup à faire, « toujours » à faire... Mais ce n’est pas la perspective de Jésus lui-même. Pour préparer ce temps de vacances cet été, je vous invite à prendre au sérieux le conseil de Jésus aux apôtres, au retour de leur mission de ministère (voir Luc 9.1-6), selon le passage parallèle en Marc 6.30-31 :

« Les apôtres se rassemblèrent autour de Jésus et lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Jésus leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu ». En effet, il y avait beaucoup de monde qui allait et venait, et ils n’avaient même pas le temps de manger ».

On peut comprendre les apôtres – pleins d’enthousiasme – vu les résultats de leur ministère. Mais, comme nous, ils pouvaient tomber dans le piège de l’activisme, le « faire », oubliant que pour pouvoir faire « de la bonne manière », il leur fallait aussi du repos, pour avoir la force de poursuivre. Je n’entrerai pas dans le débat sur le « respect du sabbat ». C’est le seul des dix commandements qui n’est pas répété dans les conseils donnés aux Églises. Et Paul souligne même que « ceux qui font une distinction entre les jours le font pour le Seigneur et celui qui ne fait pas de distinction le fait aussi pour le Seigneur » (Rom 14.5-13). On note, cependant, que Dieu lui-même a consacré un jour pour « se reposer » et contempler son œuvre (souligné en Ex 20.11) et l’a érigé en principe pour que nous ayons, nous aussi, un jour de repos. Jésus, lui aussi, a souvent pris du temps « à part », certes pour prier (j’y reviendrai), mais aussi comme le passage de Marc le souligne, parce qu’il fallait se renouveler et se reposer.

« Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu »

Examinons-nous nos « jours de repos » ? Que faisons-nous ? Des courses, du jardinage, du ménage, etc. ? Ce sont, certes, des choses nécessaires, qu’il faut arriver à faire à un moment donné, et donc, souvent cela « tombe » pendant notre jour de congé, parce que nous n’allons pas faire cela à la place de notre travail. Mais si nous ne faisons que changer d’activité, savons-nous vraiment « prendre du repos » ? De telles activités ne sont pas la réponse, même si elles sont également nécessaires.

Je vous laisse étudier la question, pour vous permettre, peut-être, de « faire autrement », non seulement cet été, mais aussi de temps en temps, assez régulièrement tout au long de l’année. Avons-nous fini par apprendre l’importance d’un temps consacré à un « vrai repos » (pas juste une grasse matinée et des activités « de loisir »), mais un moment aussi pour « faire silence », pour faire taire tous les bruits ambiants, afin d’écouter notre âme, et encore plus, rechercher le Seigneur dans une communion « plus intime » avec lui que seul ce temps à part peut produire ? Car si le repos physique, le renouvellement de nos forces sont importants, le repos de notre âme, le renouvellement de notre esprit le sont autant, sinon encore plus !

Il y a beaucoup de passages qui parlent de ce temps de renouvellement, où il est d’abord essentiel de faire taire le monde extérieur, mais aussi nos questionnements et nos pensées. Le mot « repos » comporte aussi une connotation théologique de bien-être et de paix. Considérons juste quelques exemples, qui sont riches en promesses de renouvellement :

D’abord, la « prise de conscience » de la grandeur de notre Dieu, lorsque nous le contemplons tel qu’il est réellement : « L’Éternel, lui, est dans son saint temple. Que toute la terre fasse silence devant lui ! » (Habaquq 2.20).


Ensuite, le Ps 4.5-9 : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas! Parlez dans votre cœur, sur votre lit, et faites silence. Offrez des sacrifices conformes à la justice et confiez-vous en l’Éternel. Beaucoup disent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Fais briller la lumière de ton visage sur nous, Éternel ! Tu mets dans mon cœur plus de joie qu’ils n’en éprouvent quand abondent leur blé, leur vin [et leur huile].
Je me couche et aussitôt je m’endors en paix, car c’est toi seul, Éternel, qui me donnes la sécurité dans ma demeure
».


Prenons réellement du temps pour le repos de notre âme, en plus du repos physique, cet été. Cherchons le Seigneur, qu’il nous renouvelle selon sa force, en étant notre secours, la source de toute bonté, tel qu’il est réellement !


Henry Oppewall

« Je le déclare, l’Éternel est mon bien, c’est pourquoi je veux m’attendre à lui. L’Éternel a de la bonté pour celui qui compte sur lui, pour celui qui le recherche. Il est bon d’attendre en silence le secours de l’Éternel. Il est bon, pour l’homme, de devoir se plier à des contraintes dans sa jeunesse. Qu’il se tienne solitaire et silencieux, lorsque l’Éternel le lui impose ! » (Lam 3.24-28).